Sentiments mêlés à Nuku Hiva

On a eu quelques difficultés à accrocher avec Nuku Hiva. Les rencontres pas vraiment agréables a notre arrivée y sont sans doute pour quelque chose. Une pension glauque, un hôtel malhonnête puis une tenancière AirBnB aussi chaleureuse qu’une porte de prison, il nous a fallu 24h pour se poser sereinement. Passée cette première approche, on doit admettre que la baie du village principal, Taiohae, est absolument splendide. L’atmosphère du bout du monde est bien là, d’autant plus quand on imagine d’où viennent les voiliers amarrés ici. Mais on a le sentiment que les enfants ne sont pas vraiment bienvenus, on nous dit qu’ici tout est compliqué avec eux et notre énergie décline un peu. C’est grâce à Colette qui tient le faré du tourisme que nous retrouvons l’envie de découvrir Nuku Hiva.

Escapades au nord de l’île
Et c’est entre autre la beauté d’Hatiheu qui nous fera aimer cette île. Le village est splendide, et, comme d’habitude la plage est familiale et quasi déserte. C’est ici qu’Ethel a appris a bodysurfer et Robin à « nager tout seul ». On est revenus deux fois. Heureusement ce n’est que la deuxième fois que les enfants du village nous ont dit qu’il y avait souvent des requins dans la baie !

En poursuivant notre chemin sur la piste du nord de l’île en direction de Aakapa puis Pua, on a découvert un paysage grandiose aux variations incroyables. On a roulé pendant 2h. Les enfants dormaient. On est passé de la jungle à la terre rouge déserte, on a croisé des baies de sable blanc, des familles qui vivent seules au milieu de nul part. On s’est à arrêté devant le canyon et le plateau, plus frais et aux nuages bas. On en a pris plein les yeux et un sentiment intense de liberté. 


Ces paysages feront partie de nos plus beaux souvenirs de Nuku Hiva.

Randonnée au plateau de Toovii

Un matin on a pris la direction du plateau de Toovii pour randonner. On est en altitude. Il y fait frais, le paysage au début de la randonnée nous fait penser à tout sauf à la Polynésie. Un peu de Suisse, pourquoi pas d’Auvergne, ou, plus près, de Nouvelle Zélande, paraît-il. Les chevaux et vaches se baladent tranquillement sur le plateau. 


On est seuls, absolument seuls sur le chemin. Très rapidement on s’aperçoit qu’on est dans la caldeira d’un des volcans qui a formé l’île. La végétation est impressionnante. Au détour d’un virage on voit au loin un arbre gigantesque, ancré là tel un pilier. On croise aussi une famille cheval qui nous regarde un peu de travers. On espère aller jusqu’au point de vue sur les pics d’Aakapa mais les enfants ne suivront pas. Les petits ponts aménagés sur le chemin ne suffisent pas à les motiver. On rebrousse donc chemin. On a fait environ un tiers du chemin, 4km. C’est déjà très bien. 

La vanilleraie de Taipivai
Après la randonnée, nous avons rendez-vous avec Marine et Elia à Taipivai, un petit village de Nuku Hiva. Ils y cultivent de la vanille. Cette rencontre est inoubliable pour nous. On se souviendra toujours de leurs sourires, de leurs visages tannés par le soleil et le travail. De la simplicité de leur exploitation et de leur vie perchée sur la montagne. On est sans voix face au bonheur qu’ils dégagent, à l’accueil qu’ils nous réservent au sein de leur maison construite par leurs mains.

Marine coupe les lianes. Elia nous explique la culture de la vanille. Les gousses sèchent au soleil. Les enfants jouent ensemble et s’émerveillent devant les chatons de la maison. On se dit qu’on a bien fait de faire 14000 km pour qu’ils s’émerveillent devant des chatons. On va ensemble voir les deux cochons de la famille pour les nourrir. Les pieds dans la boue, on se souvient que les porcs c’est vraiment vraiment sale. Ici ils mangent principalement des cocos, ramassées par Marine sur le terrain. Cette vie ancrée dans la nature nous impressionne. Aucune photo ne peut retranscrire ce lieu et l’atmosphère qui s’en dégage. En saison de mariage des fleurs Marine et Elia travaillent beaucoup. Il peut y avoir jusqu’à 400 fleurs par jour à marier. Le reste de l’année, ils se laissent 4 jours par semaine pour faire autre chose. Aller se baigner. Se promener dans la montagne. Jouer avec les enfants. Faire sécher la vanille.

Marine et Elia ont renoncé à quasiment toute forme de confort moderne en se lançant à Taipivai. Sur la terrasse, autour d’une pastèque à la fraîcheur salutaire et du meilleur thé de notre voyage, ils nous racontent leur vie commencée à Moorea et leur choix de venir cultiver la vanille à Nuku Hiva. On repart de Taipivai juste à temps pour pouvoir arriver à la seule station essence de l’île avant la fermeture à 17h. Malgré leurs conditions de vie spartiates, Marine et Elia sont d’une grande générosité. Ils ne veulent pas que nous payions pour la visite, et nous avons dans le coffre au moment de partir un carton rempli de citrons, bananes et concombres du jardin, ainsi que quelques gousses de vanille abîmées. Les belles gousses ne sont pas encore prêtes, elles arriveront vers mi septembre. 

Départ précipité

Notre vol retour vers Tahiti a été avancé d’une journée par Air Tahiti, qui a rationalisé les vols suite aux annulations qui ont suivi l’annonce du confinement. Cette journée nous aurait permis d’aller se balader du côté de la cascade de Vaipo mais on était presque contents de partir face aux difficultés rencontrées pour organiser cette journée, et pour en finir avec les moustiques particulièrement voraces !

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